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Pour Lawand, les mots vivre et peindre sont
équivalents. Sa peinture recèle toutes les facettes de sa
personnalité, consciente ou non.
Nous sommes entre incarnation et désincarnation,
dans une vie qui n’est plus que vibrations de poussières d’os et
de muscles, de cellules et de viscères bouillonnants, au-delà du
corps mais pas encore dans l’infini de l’âme.
La répression des peuples opprimés est une
hypothèse de travail et cette piste n’est qu’une interprétation
parmi d’autres. Selon Reverdy, "une œuvre est faite
d’intentions, de virtualités parfois plus importantes que ne le
sont les résultats évidents". Une œuvre est d’autant plus riche
qu’elle ouvre plusieurs niveaux de lecture dont certains
échappent parfois à l’artiste lui-même.
Jacky Essirard |
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L'invisible chemin de l'exil.
Il est Kurde, déraciné de la Syrie, établi en
France à Angers et momentanément à Lutry.
La peinture de Lawand lui ressemble physiquement.
Elle est actuellement aux cimaises de la Fondation l'Entrée à
Ropraz jusqu'au 15 mars.
L'artiste peint la tristesse, le désarroi sur des
fonds qui crient et parfois s'absentent. Les teintes poussent
ses personnages vers l'oubli. Il nous livre l'image de la perte,
de la cassure avec des toiles qui ont la couleur des sentiments
cachés, sentiments éprouvés par les victimes, enfouis dans leur
corps, dans leurs pensées, Même si le peintre ne leur fait pas
porter une croix, ils sont lourdement chargés de fardeaux
intimes. Ses créatures nées de la peur, de l'oppression, du vide
n'affrontent pas la vie, elles la subissent, écrasées par un
monde de menace, face à des barrières de diktat, Elles se
présentent comme des innocents accusés. torturés autant dans
leur esprit que dans leur chair. Ligotés par l'impossibilité de
vivre, l'interdit de vivre, les êtres ne sont plus que des
taches à peine animées, Etres en déchéance, en lambeaux, le
corps s'efface, ne reste que l'ombre, elle vacille jusqu'à
tomber.
Le peintre veut exprimer l'invisible. il tente de
transmettre l'obscur et le dedans, comme happé par une société
qui a perdu la boussole, qui ne créé plus que le départ,
l'effacement. Il semble renier la lumière, et quand elle
s'impose elle a couleur de sang coagulé. Il écrit; " A quoi
servirait la parole dans cet espace infini,? derrière les corps
la peur tente l'évasion."
Cette exposition ne peut pas laisser indifférent.
Je n'ai rencontré personne pour dire l'exil avec tant de
lucidité.
L'exposition est ouverte tous les jours sauf le
mardi, de 14 à 19 h. tél. 021. 903 11 73.
Mousse Boulanger
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