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« Vent, j’ai bien envie de te parler… »
Balade bucolique, découverte artistique, interrogation sur le
rapport de l’homme à la nature. Du 4 au 16 août, prenez la clé des
champs, à l’enseigne des « Journées d’été » de la Fondation
l’Estrée, à Ropraz.
« Vent, j’ai bien envie de te parler, marchons
côte à côte… » Ce début d’un poème chinois plante le décor 2010 des
« Journées d’été » de Ropraz. Paisible en son Jorat, à un jet de
pierre de Mézières, le village est surtout connu pour son lien avec
Jacques Chessex. Mais, au-delà de cette présence, toujours palpable
après la mort de l’écrivain, la culture y a son écrin ouvert au
monde : l’Estrée.
Depuis plus de vingt ans, des centaines
d’artistes (peintres, sculpteurs, musiciens, danseurs, vidéastes,
écrivains) ont marqué cet espace de leurs rêves et de leurs
créations.
L’âme du lieu, c’est Alain Gilliéron. On a envie
de dire que l’un et l’autre ne font qu’un. Face à la dure réalité
économique (pas ou si peu de reconnaissance et de soutien), il se
bat avec ses armes : ouverture d’esprit, générosité, audace,
exigence, soif d’absolu, conviction que la foi soulève toujours les
montagnes… Et, même meurtri par trop d’indifférence, il y réussit !
Après une première édition de balades estivales
en 2009, la Fondation l’Estrée reconduit l’idée avec, pour thème, Le
vent tourne. Explication d’Alain Gilliéron : « On se trouve dans la
nature, une nature encore préservée malgré de nombreux abattages
d’arbres ou de haies… Je souhaite que le visiteur en prenne
conscience, grâce aux œuvres qu’il découvrira le long du parcours,
qu’il entre dans un univers de création contemporaine, tout en
captant l’énergie et la beauté de l’environnement. »
Cet itinéraire qui sillonne le village et ses
environs immédiats propose des haltes surprenantes. Sculpture,
peinture, son, photo, poésie, installation, chaque expression
constitue une facette de la même question : comment prendre
conscience de l’urgence à préserver le milieu naturel, donc
l’harmonie entre corps et esprit, soi et l’autre, être et faire.
Dans la galerie, comme sur ce chemin initiatique,
des artistes et des œuvres d’ici et d’ailleurs. Un chaman de
l’Amazonie péruvienne, des photos liées à l’ouragan qui a dévasté la
région le 23 juillet 2009, une installation de mappemondes aux
abords la chapelle, intitulée Un monde sans frontières, où le public
sera invité à gommer justement ces limites arbitraires, un poème de
Clemens Brentano mis en musique par Gustav Mahler (quelque part, un
casque et un banc), un texte de Jacques Chessex sur l’art de
cueillir une pomme…
Ailleurs, près de haies accueillantes, des
écouteurs diffuseront des bruits de tronçonneuse, alors qu’au bord
de la rivière, dans un « trou », le visiteur pourra créer son propre
paysage intérieur. Sur le chemin menant au château, le très beau
texte de Gustave Roud, Ombres et corps.
Fidèle à ses valeurs, la Fondation l’Estrée
surprend, interroge. A une démarche citoyenne et artistique,
s’ajoute la beauté du site. A Ropraz, cet été, le bonheur est dans
le pré : courez-y !
Eliane Fournier
Horaires: tous les jours de
14h à 19h
Prix d'entrée: adultes
CHF 10.-, enfants (-de 16 ans) gratuit
Plan & départ du parcours: Fondation l'Estrée
Durée du parcours: 1h30 à 2h00
Avec le soutien du
Fonds culturel des communes du Jorat
Avec la participation de:
Anna Sutter, Mai T Segura, Nele Gesa Stürler,
Sonia Trolliet, Filder Agustin Pena,
Harald von Ucello, Marc von Stürler, Thierry Kupferschmid &
Vincent Desmeules |